FOIRE AUX QUESTIONS

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F.A.Q.

Si les réponses à vos questionnements ne se retrouvent pas sur cette page, vous pouvez toujours nous écrire à: info@aqml.ca

Général

La maladie de Lyme est une maladie zoonotique à transmission vectorielle causée par la bactérie Borrelia burgdorferi. Pour en savoir plus sur celle-ci, vous référer à la section la maladie de Lyme du site web. 

En 2023, 653 cas de maladie de Lyme ont été déclarés aux autorités de santé publique du Québec en date du 26 février 2024, dont 562 cas (86 %) acquis au Québec et 91 cas (14 %) acquis hors Québec ou dont le lieu d’acquisition était inconnu[1].  Par contre, aux États-Unis, plus de 89 000 cas ont été signalés au CDC par les départements de santé des États et le District de Columbia la même année. Cependant, selon des estimations plus larges basées sur d’autres méthodes de surveillance, environ 476 000 personnes pourraient être diagnostiquées et traitées pour la maladie de Lyme chaque année aux États-Unis.[2] Fait important, la majorité de ces cas américains sont recensés dans des régions situées à proximité des frontières du Québec, notamment dans les États du nord-est comme le Vermont, le Maine et l’État de New York, ce qui renforce la pertinence de la vigilance au Québec.

Les tiques se développent en trois stades (larve, nymphe, adulte). Les cas de maladie de Lyme sont généralement acquis lors d’une piqûre d’Ixodes scapularis au stade de nymphe. À ce stade, les tiques sont si petites (de la taille d’une graine de pavot) qu’elles passent généralement inaperçues et restent donc attachées à la peau plus longtemps. Les tiques au stade adulte peuvent également transmettre la bactérie, celle-ci sont généralement de la taille d’une graine de sésame.

Régions et environnement

Au Québec, les données de surveillance acarologique (surveillance des tiques) disponibles permettent de confirmer la présence de tiques I. scapularis dans toutes les régions du Québec. En effet, des tiques infectées par le B. burgdorferi ont été retrouvées dans toutes les régions qui ont soumis des spécimens au LSPQ, ce qui illustre que le risque d’acquisition de la maladie de Lyme est présent partout au Québec même s’il est plus important dans certaines régions.[3]

Voici la liste des régions socio-sanitaires du Québec où le risque de contracter la maladie de Lyme est présent ou significatif :

  • Capitale Nationale
  • Mauricie et Centre-du-Québec
  • Estrie
  • Montréal
  • Outaouais
  • Chaudière-Appalaches
  • Laval
  • Lanaudière
  • Laurentides
  • Montérégie

Depuis juin 2021, l’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) a ajouté l’ouest de l’île de Montréal à la liste des zones endémiques. L’Estrie demeure la RSS (région sociosanitaire) la plus touchée par la maladie de Lyme, rapportant près de 60 % de l’ensemble des cas et un taux d’incidence standardisé 9 fois plus élevé que le taux de la province.

Il est possible de consulter la carte des zones endémiques ainsi que la liste des municipalités (2024) au lien suivant : https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/tiques.

La tique à pattes noires est présente dans des milieux humides et végétalisés tels que les forêts, les boisés, les herbes hautes, les jardins, les champs, les aménagements paysagers et les amas de feuilles mortes. Le risque d’exposition ne se limite pas aux grandes randonnées en forêt — il est bien réel jusque dans notre propre cour arrière. Les amateurs de plein air, les jardiniers, les enfants qui jouent à l’extérieur, ainsi que les travailleurs en milieu naturel ou paysager peuvent tous être exposés aux tiques, même à proximité de leur domicile.

Bien que la majorité des cas de maladie de Lyme surviennent pendant les mois plus chauds, le risque d’infection existe toute l’année. Les tiques peuvent rester actives dès que la température dépasse le point de congélation et que le sol n’est pas couvert de neige. Il est donc important de demeurer vigilant, même en dehors de la saison estivale.[4]

Co-infections

Non, la borréliose de Lyme n’est pas la seule infection transmise par les tiques. Les tiques à pattes noires peuvent transmettre plusieurs autres maladies humaines, notamment l’anaplasmose, la babésiose, la fièvre récurrente à tique, des formes d’ehrlichiose, l’infection à Borrelia miyamotoi, et plusieurs autres. Certaines de ces infections sont déjà présentes au Canada, d’autres représentent des menaces émergentes dues à l’expansion du territoire des tiques.[5]

Symptômes

Les signes et symptômes de la maladie sont distincts selon les stades de la maladie, mais sont également propres à chaque individu. Nous vous suggérons de vous rendre sur l’onglet symptômes de la section maladie de Lyme.  

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Mises en situation

Mise en situation #1

1. Quoi faire au stade localisé?

Avant de vous rendre à l’extérieur dans un habitat à risque :  

  • Portez un pantalon et un chandail à manches longues de couleur pâle afin de repérer les tiques plus facilement. 
  • Rentrez votre chandail dans votre pantalon et rentrez le bas de votre pantalon dans vos chaussettes. 
  • Portez des chaussures fermées 
  • Utilisez un chasse-moustiques contenant du DEET ou de l’icaridine sur les vêtements et la peau exposée (toujours suivre les instructions sur l’étiquette)
  • Portez des vêtements traités à la perméthrine (toujours suivre les instructions sur l’étiquette) 

Lorsque vous êtes à l’extérieur dans un habitat à risque : 

  • Marchez dans des pistes ou des sentiers dégagés 
  • Veillez à ce que les enfants et les animaux de compagnie ne sortent pas du sentier 
  • Évitez d’utiliser des sentiers créés par des animaux (comme le chevreuil et l’orignal), car on trouve souvent des tiques dans l’herbe et les plantes le long de ces sentiers. 

Avant de rentrer à l’intérieur : 

  • Vérifiez s’il y a des tiques : 
    • Sur vous-même ( Faire un examen de vérification de la présence de tiques sur tout le corps (les cheveux, les aisselles, l’intérieur des cuisses, l’intérieur du nombril, le derrière des genoux, etc) 
    • Vos animaux domestiques 
    • Vos vêtements 
    • Votre équipement de plein air, tel que les sacs à dos. 

Lorsque vous êtes à l’intérieur : 

  • Prenez une douche ou un bain le plus tôt possible, car cela peut vous aider à trouver des tiques qui ne se sont pas encore accrochées. Si vous ne prenez pas votre douche ou votre bain, vérifiiez la présence de tiques sur tout votre corps et sur celui de vos enfants. 
  • Si vous trouvez une tique accrochée à la peau, retirez-la aussi rapidement que possible. 
  • Pour tuer les tiques non accrochées qui pourraient se trouver sur vos vêtements, mettez les vêtements secs dans une sécheuse, à température élevée pendant au moins 10 minutes. Si vos vêtements sont humides, le séchage pourrait nécessiter plus de temps. 
  • Si vous lavez vos vêtements, utilisez de l’eau chaude et séchez à température élevée. Les tiques peuvent survivre à un cycle de lavage froid ou tiède. 
  • Retirer immédiatement la tique à l’aide d’un tire-tique (disponible en pharmacie). À défaut d’en avoir un en sa possession, utiliser une pince à épiler à pointe fine. Prendre soin de ne pas faire pivoter la tique. Ne pas écraser son abdomen afin d’éviter que les bactéries présentes dans la tique ne soient transmises chez la personne mordue. Ne pas tenter de retirer la tique en utilisant du vernis à ongles, de la gelée de pétrole ou de la chaleur; 
  • Laver la zone de morsure avec du savon et de l’eau et désinfecter la plaie avec du désinfectant pour les mains contenant de l’alcool; 
  • Conserver la tique dans un contenant scellé et noter la date de la morsure. La tique peut être conservée pour une durée de 10 jours au réfrigérateur si elle est vivante et au congélateur si elle est morte;  
  • Prendre rendez-vous dans une clinique médicale le plus rapidement possible; 
  • Apporter le contenant à votre rendez-vous médical pour faciliter le diagnostic de la maladie de Lyme;  
  • Surveiller l’apparition d’un érythème (plaie) migrant (c’est-à-dire, une plaie qui apparait sur votre corps puis disparait après quelque temps.) 

Gouvernement du Canada. 2020. Maladie de Lyme- Enlever les tiques et les présenter à des fins d’analyse. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/maladie-lyme/enlever-tiques-et-presenter-fins-analyse.html

Si vous avez été piqué et présentez un érythème migrant, il est important de consulter un médecin le plus rapidement possible. Celui-ci devrait se référer aux recommandations de l’INESSS (2021), la présence d’un érythème migrant est suffisante pour obtenir la prescription d’un traitement à antibiothérapie. En effet, dans ce cas, celui-ci peut être administré sans avoir obtenu un diagnostic sérologique de la maladie de Lyme. Voici un petit tableau tiré du document de l’INESS expliquant bien la démarche clinique lors de piqûre et d’érythème migrant.

Tableau antibiotiques pour érythème migrant

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_Diag-traitement/Guide_Lyme-adulte_web_FR.pdf 

*Il est à noter que bien que le document de l’INESSS constitue une bonne référence, le choix final du traitement est à la discrétion du clinicien.   

L’INESS recommande également de surveiller la survenue de symptômes (neurologiques, arthritiques, cardiaques,etc) de la maladie au cours de la période d’observation, pendant et après le traitement. L’apparition de symptômes systémiques peut influencer le choix de traitement. On recommande au patient d’utiliser la fiche suivante : https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_PPE/Lyme_Feuille-de-suivi.pdf 

Il est important de noter les points suivants : 

  • Le patient peut prendre un antipyrétique/analgésique (p. ex. acétaminophène, ibuprofène) en complément de son traitement antibiotique pour soulager la douleur et les symptômes systémiques généraux.  
  • Une réaction appelée réaction de Jarisch-Herxheimer peut survenir suivant l’amorce de l’antibiothérapie. Cette réaction inflammatoire systémique peut se produire au cours du traitement d’une infection par des bactéries spirochètes comme celles du groupe des Borrelia burgdorferi. Elle est généralement associée à la mort des bactéries. Toutefois, elle ne doit pas entrainer un arrêt de la prise de l’antibiotique et il faut aviser un professionnel de la santé en cas de doute. 

*Pour des conseils afin de diminuer cette réaction de «Herx » vous pouvez vous fier à l’outil de l’AQML.  

L’érythème migrant est, la plupart du temps, sous forme de cible (contour rouge, intérieur blanc, diamètre d’environ 5 cm). Toutefois, ses caractéristiques (étendue, forme et apparence) et sa durée varient considérablement d’un individu à l’autre. Il est à noter que certaines lésions provoquées par les morsures de tiques ne ressemblent pas à l’érythème migrant classique. Les lésions de plus petite taille ou d’allure atypique méritent la même attention qu’un érythème migrant plus gros. Voici quelques illustrations qui pourront vous permettre d’avoir une meilleure idée de ce à quoi ressemble un érythème migrant.  

Érythème migrant isolé

Érythème migrant multiple

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_Diag-traitement/Outil_diagnostic.pdf 

Il est fortement recommandé de consulter même si vous n’êtes pas certains. Selon les recommandations de l’INESS, chez un patient qui présente une atteinte cutanée sans autres manifestations évocatrices du stade disséminé́, s’il y a hésitation entre un diagnostic de cellulite infectieuse et d’érythème migrant le médecin devrait privilégier un traitement couvrant les deux pathologies (p. ex. céfuroxime axétil). 

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_Diag-traitement/Guide_Lyme-adulte_web_FR.pdf 

Bien qu’il soit l’une des premières manifestations de la maladie de Lyme, l’érythème migrant est absent dans 20% des cas, de plus, il arrive souvent que celui-ci ne soit pas remarqué. Au Québec, les personnes asymptomatiques ayant été récemment mordues par une tique à pattes noires peuvent recevoir une prophylaxie post-exposition (PPE) dans le but de prévenir la maladie de Lyme. La PPE est conseillée, selon l’INESSS, lorsque l’érythème migrant est absent et que l’ensemble des critères suivant sont respectés: 

  • La piqûre est survenue dans un secteur géographique visé par l’application de la PPE 
  • La tique est restée accrochée à la peau pendant une période de 24 heures ou plus 
  • Le délai entre le retrait de la tique et l’initiation du traitement PPE est de moins de 72 heures  
  • En remplissant tous ces critères, la PPE par doxycycline à dose unique peut être proposée, et ce en l’absence de contre-indications.  

Les secteurs géographiques visés par l’application de la PPE sont: 

Voici la liste plus complète fournie par le MSSS :

https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/documents/maladie-lyme/liste-municipalites-PPE_Lyme-2023.pdf 

Vous pouvez trouver toutes les informations concernant la PPE dans le document suivant : 

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_PPE/Outil_aide_decision_PPE.pdf

Nous vous recommandons également de suivre vos symptômes à l’aide de cette feuille de suivi : 

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_PPE/Lyme_Feuille-de-suivi.pdf 

En cas de symptômes évocateurs de la maladie, l’évaluation clinique est de mise afin d’initier le traitement approprié. 

Notre position: L’AQML souhaite que ces critères soient abolis et que toute personne ayant été mordue par une tique puisse recevoir, peu importe sa région d’acquisition et le temps d’exposition, un traitement préventif.   

Mise en situation #2

2. Quoi faire au stade disséminé?

  • Tout d’abord, un bon départ est de remplir le questionnaire du Dr Horrowitz que vous retrouverez sous l’onglet des outils de soutien. Ce questionnaire est un outil qui permet d’évaluer les chances d’être atteint du stade disséminé de la maladie. * Attention celui-ci ne consiste pas d’un outil diagnostic.  
  • Nous vous recommandons ensuite de prendre rendez-vous avez votre médecin traitant. Lors de votre rencontre médicale, nous vous suggérons d’amener une version imprimée du questionnaire et d’insister sur votre histoire de piqûre de tique, ainsi que sur vos symptômes qui se sont développés par la suite. Lors de cette rencontre, vous pouvez également demander de passer les tests diagnostiques de la maladie de Lyme.  

* Attention nous vous rappelons que les tests en question ne sont pas un outil diagnostic 100% fiable et le jugement clinique est nécessaire. Vous pouvez consulter la section diagnostic pour plus de détails à ce sujet. Nous vous suggérons également de lire la mise en situation qui suit.

Mise en situation #3

3. Tests diagnostiques

La première étape est de consulter un professionnel de la santé. Si la maladie est suspectée, une prise de sang pourra être prescrite et devra être effectuée dans un CLSC ou un hôpital près de chez vous. Les échantillons seront ensuite analysés selon le protocole actuellement en vigueur au Québec.

Le test recommandé par les autorités de santé est une sérologie à deux volets :

  1. Test ELISA (ou EIA) : réalisé au CHU de Sherbrooke ou à l’Hôpital Charles-Le Moyne. Ce test détecte les anticorps produits contre la bactérie Borrelia burgdorferi. Si ce test est négatif, les analyses s’arrêtent généralement là.
  2. Western blot (ou immunoblot) : si le test ELISA est positif ou équivoque, l’échantillon est envoyé au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg pour confirmation. Ce test recherche des anticorps IgM et IgG contre des protéines spécifiques de Borrelia.

Cependant, il est important de noter que la sensibilité de la sérologie est souvent faible en début d’infection (25 à 60%), car la réponse immunitaire n’est pas encore pleinement développée. Ainsi, au stade précoce, le diagnostic repose d’abord sur l’évaluation clinique, notamment en présence d’un érythème migrant typique.

De plus, pour le stade disséminé et disséminé tardif, il demeure une certaine incertitude relativement à la valeur diagnostique de la sérologie à deux volets étant donné que le plan des études scientifiques disponibles est peu approprié pour la démontrer, les résultats de la sérologie à deux volets doivent donc être interprétés en fonction du tableau clinique.[6]

Pensez également aux co-infections : certaines tiques peuvent transmettre d’autres agents pathogènes comme Babesia, Anaplasma ou Bartonella. Si vos symptômes sont atypiques ou plus sévères, discutez avec votre professionnel de santé de la possibilité de faire tester ces co-infections.

Dans le réseau public de santé au Québec:

La première phase de la sérologie à deux volets (le test de dépistage ELISA) se fait au CHU de Sherbrooke ou à l’Hôpital Charles-Le Moyne. La deuxième phase de la sérologie à deux volets (le test de confirmation Western blot) se fait au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg. Vous pouvez obtenir une requête pour ces tests en consultant un médecin du réseau de la santé. 

Tests hors Québec : 

Au Québec, les analyses reposent sur des tests sérologiques dits indirects, qui dépendent de la réponse immunitaire du patient. Ces tests, dont l’ELISA et le Western blot, sont principalement conçus pour détecter Borrelia burgdorferi sensu stricto, la souche la plus répandue en Amérique du Nord. À l’international, notamment en Europe ou aux États-Unis, certains laboratoires spécialisés proposent des tests pouvant cibler un plus large spectre de souches du complexe Borrelia burgdorferi, mais également des approches  qui incluent des tests dit directs tel que la méthode la PCR, la culture, le FISH, ou encore la détection de peptides spécifiques.

Des laboratoires privés comme IGeneX (situé aux États-Unis) offrent ce type de tests élargis. Ils sont parfois utilisés dans un contexte de recherche de causes persistantes ou complexes de symptômes.

Important : Ces analyses ne sont pas homologuées par Santé Canada, ne sont pas couvertes par le régime public de soins de santé et leur validité scientifique fait l’objet de débats. Leur usage doit donc faire l’objet d’une réflexion critique en collaboration avec un professionnel de la santé qualifié.

Il est important de noter qu’il n’existe actuellement aucun test diagnostique 100 % fiable pour la maladie de Lyme. D’ailleurs, selon l’INESSS, un résultat négatif ne doit jamais être utilisé pour exclure le diagnostic, car il subsiste une incertitude quant à la valeur diagnostique de la sérologie à deux volets. Cette incertitude s’explique en partie par le fait que les études scientifiques disponibles ne sont pas optimales pour en démontrer la validité.[7]

Par ailleurs, plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la présence de symptômes liés à la maladie de Lyme malgré une sérologie négative.[8]

  • Le test est effectué trop rapidement après l’exposition (piqûre):

Le patient prend généralement quelques semaines avant de développer les anticorps à la maladie.  La sensibilité de la sérologie à double volet est faible au début de l’infection (de 25% à 60% selon les études et les modalités).

  • Les bactéries perturbent la production d’anticorps :
    Les bactéries responsables de la maladie de Lyme pourraient interférer avec la façon dont le corps produit ses anticorps, ce qui rendrait les tests moins fiables ou faussement négatifs.
  • Les bactéries se cachent du système immunitaire :
    Elles pourraient se regrouper en biofilms (comme une couche collante protectrice) ou se loger dans certaines parties du corps où elles sont moins visibles pour le système immunitaire. Cela pourrait empêcher une bonne détection par les tests.
  • Les tests actuels ne détectent pas toutes les formes de bactéries :
    Il existe plusieurs souches de Borrelia dans le monde. Or, les tests disponibles au Québec visent principalement la souche la plus courante en Amérique du Nord (Borrelia burgdorferi sensu stricto). Il est donc possible que certaines infections passent inaperçues si elles sont causées par d’autres souches.
  • Les symptômes pourraient être causés par une autre infection transmise par la tique :
    Certaines tiques peuvent transmettre d’autres maladies comme la babésiose, l’anaplasmose ou la bartonellose. Ces infections peuvent provoquer des symptômes très similaires à la maladie de Lyme (fatigue, douleurs, fièvre, troubles neurologiques, etc.), ce qui peut compliquer le diagnostic.
  • Selon l’INESS, la sensibilité des tests est faible pour la maladie de Lyme contractée en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. Cela est principalement dû au fait que les génoespèces de B. burgdorferi sont différentes. 
  •  Lorsque la maladie a été contractée sur un continent différent, il est important de le mentionner, car des tests d’immunobuvardage différents seront utilisés (différence portant sur le choix des antigènes et des critères de positivité). 

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_Diag-traitement/Outil_diagnostic.pdf

Les critères diagnostiques de la maladie de Lyme au Québec reposent sur les avis de Santé Canada, qui eux suivent ceux émis par le Centers for Diseases Control (CDC). Toutefois, hors Canada, la technologie et les critères de surveillance diffèrent des recommandations officielles décrites par le CDC américain et Santé Canada. Il est donc possible que votre médecin soit réticent aux tests effectués hors Canada, puisqu’ils ne reposent pas sur les mêmes critères que ceux émis par Santé Canada. 

Dans le cas ou votre médecin est réticent, nous soulignons l’importance de lui mentionner que le diagnostic repose sur l’ensemble du tableau clinique et que les tests sérologiques servent à complémenter le tableau clinique et doivent être interprétés en fonction de celui-ci.  

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_Diag-traitement/Outil_diagnostic.pdf 

  • Il est important de mentionner à votre médecin que selon les données recueillies par l’INESSS, une majorité de patients ayant eu un diagnostic de maladie de Lyme au Québec ne se rappelle pas avoir été piquée par une tique ou avoir présenté un érythème migrant. Il est donc important de ne pas exclure un tel diagnostic lorsque le tableau clinique est compatible avec la maladie de Lyme et de bien évaluer les risques d’exposition aux tiques à l’histoire (par exemple, les habitudes de vie, les activités extérieures, les lieux de résidence et de tourisme ainsi que le contact avec des animaux de compagnie qui vont à l’extérieur). 
  • Vérifiez d’abord vos symptômes en remplissant le questionnaire du Dr. Horowitz* (disponible dans la section outils de soutien) 
  • Vous pouvez ensuite amener les résultats du test à votre médecin afin de lui démontrer votre portrait clinique et celui de la maladie.  
  • Si vous croyez avoir la maladie de Lyme et que votre médecin démontre toujours une fermeture quant aux tests sérologiques et à votre condition, nous vous conseillons de changer de médecin, jusqu’à ce que vous en trouviez en plus à l’écoute de vos besoins. Si vos démarches sont difficiles, vous pouvez toujours nos consulter à info@aqml.ca. 

*Questionnaire du Dr. Horowitz

Il est important de mentionner à votre médecin que selon l’INESSS, l’exposition dans une zone endémique n’est pas requise pour établir le diagnostic clinique. Le risque d’acquisition de la maladie de Lyme à la suite d’une piqûre de tique est présent partout au Québec même s’il est plus grand dans les zones où des populations de tiques sont établies.  

Le risque de contracter la maladie de Lyme est possible dans l’ensemble des régions du Québec, bien qu’il le soit davantage dans certaines régions.  

Mise en situation #4

4. Invalidité

Dans le cas où vous êtes atteint de la maladie et que celle-ci limite vos capacités, l’assurance invalidité peut être obtenue via votre employeur si vous êtes inscrits à un régime collectif fourni par celui-ci . 

Si aucune assurance invalidité n’est fournie par l’employeur, il est toujours possible d’avoir recours à la prestation de maladie de l’assuranceemploi qui est par contre seulement d’une durée maximale de trois mois. 

En dernier recours, le Régime des Rentes du Québec (RRQ) fournit une assurance invalidité aux personnes ayant démontré qu’aucune amélioration de leur condition de santé n’est possible et que tout traitement curatif a été essayé. L’assurance fournie par la RRQ est valide à vie. La RRQ met toutefois un délai de 6 mois avant de donner une réponse. 

https://www.canada.ca/fr/services/prestations/ae/assurance-emploi-maladie.html

Un travailleur autonome peut être indemnisé en cas d’arrêt de travail maladie uniquement si celui-ci s’était préalablement procuré une assurance invalidité avec une compagnie d’assurances privée. 

En dernier recours, le Régime des Rentes du Québec (RRQ) fournit une assurance invalidité aux personnes ayant démontré qu’aucune amélioration de leur condition de santé n’est possible et que tout traitement curatif a été essayé. L’assurance fournie par la RRQ est valide à vie. La RRQ met toutefois un délai de 6 mois avant de donner une réponse. 

La maladie de Lyme a été ajoutée à la liste des maladies professionnelles depuis avril 2021, dans le cadre du projet de loi 59. Avec l’ajout de la maladie de Lyme à cette liste, le fardeau de la preuve est renversé. Autrement dit, le ou la travailleuse n’aura pas à prouver qu’il ou elle a été mordu.e dans le cadre de son travail. C’est plutôt l’employeur qui devra prouver que le ou la travailleur.se n’a pas contracté la maladie dans le cadre de son travail. Toutefois, un diagnostic de la maladie de Lyme doit être obtenu. 

[1] Institut national de santé publique du Québec. (2024). Surveillance de la maladie de Lyme – Données 2023. https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/tiques/surveillance/2023
[2] Centers for Disease Control and Prevention. (2024, April 10). Lyme disease data and surveillance. U.S. Department of Health & Human Services. https://www.cdc.gov/lyme/data-research/facts-stats/index.html#cdc_data_surveillance_section_2-available-data
[3] Institut national de santé publique du Québec. (2024). Maladies transmises par les tiques. https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/tiques

[4] Agence de la santé publique du Canada. (2023). Maladie de Lyme – Pour les professionnels de la santé. Gouvernement du Canada. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/maladie-lyme/pour-professionnels-sante-maladie-lyme.html
[5]  Nelder MP, Russell CB, Sheehan NJ, Sander B, Moore S, Li Y, Johnson S, Patel SN, Sider D. Human pathogens associated with the blacklegged tick Ixodes scapularis: a systematic review. Parasit Vectors. 2016 May 5;9:265.
[6] Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). (2022). Outil d’aide à l’interprétation de la sérologie de la maladie de Lyme. https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_sympt_persistants/Outil_Serologie.pdf
[7] Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). (2022). Outil d’aide à l’interprétation de la sérologie de la maladie de Lyme. https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_sympt_persistants/Outil_Serologie.pdf
[8] Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). (2023). Coup d’œil – Symptômes persistants attribués à la maladie de Lyme. https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Biologie_medicale/Lyme_sympt_persistants/Coup_d_oeil_Maladie-de-Lyme.pdf

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