Les symptômes classiques de la maladie de Lyme
Les symptômes de la maladie de Lyme varient grandement en fonction de plusieurs facteurs. Tout d’abord, ceux-ci seront différents selon la phase de l’infection. En effet la maladie connaît 3 stades principaux.
De plus, il est important de mentionner que comme chaque individu est différent, les symptômes et les manifestations seront généralement différents pour chacun.
Vous pouvez retrouver une liste complète des symptômes, ainsi que des exemples de ce à quoi ressemble un érythème migrant dans ce document très complet réalisé par l’INESS:
Maladie de Lyme et symptômes persistants
Le CDC reconnaît désormais la maladie de Lyme comme une infection pouvant entraîner des symptômes chroniques.[4] Bien que la plupart des personnes guérissent complètement de la maladie de Lyme après un traitement antibiotique, certains continuent de présenter des symptômes persistants et invalidants. Parmi les plus fréquents, on retrouve la fatigue, les douleurs musculaires ainsi que les troubles cognitifs. Des études publiées dans The American Journal of Medicine (2010) et The Lancet Regional Health – Europe (2021) montrent que ces symptômes persistants sont de 5 à 10 % plus fréquents chez les personnes ayant eu la maladie de Lyme, comparativement à celles qui ne l’ont pas eue, six mois après le traitement. La cause de ces symptômes reste inconnue, mais des symptômes similaires ont été observés après d’autres infections, notamment la COVID-19.
Bien qu’il n’existe encore aucune explication claire à ce phénomène, une étude s’est récemment penchée sur le sujet et a identifié ces possibles facteurs comme pouvant contribuer à la persistance de l’infection[5] :
Voici une liste, non exhaustive, des symptômes pouvant apparaitre dans la phase aiguë de l’infection
Voici un tableau par système, comprenant la liste exhaustive des symptômes pouvant apparaitre dans la phase disséminée de la maladie:
Tête, visage et cou
Yeux et vision
Oreilles et audition
Système digestif et excrétoire
Système musculosquelettique
Système respiratoire et circulatoire
Système neurologique
Bien-être général
Bien-être Psychologique
Capacité cognitives
Reproduction et sexualité
Les co-infections
En plus de la bactérie Borrelia burgdorferi, les tiques transportent souvent d’autres pathogènes. Les manifestations cliniques, soit les symptômes, de chacune de ces infections peuvent s’apparenter ou différer de ceux de la maladie de Lyme et donc compliquer grandement le diagnostic et le traitement. Au Québec, les pathogènes les plus communs sont la babésia et l’anaplasma, mais peuvent aussi inclure en d’autres.
Les symptômes distinctifs des co-infections
Parmi les autres infections transmises par les tiques au Québec, on retrouve :
• Anaplasmose
• Babésiose
• Virus de Powassan
• Fièvre récurrente à tique
L’anaplasmose : une infection en hausse au Québec
L’anaplasmose est une infection bactérienne transmise par la même tique que celle responsable de la maladie de Lyme.
Depuis 2021, elle est devenue la co-infection transmise par les tiques la plus souvent diagnostiquée au Québec.
La majorité des cas recensés étaient en Estrie et en Montérégie.
Cette tendance montre que cette infection prend de plus en plus d’importance dans la surveillance des maladies transmises par les tiques au Québec.
Tout comme la maladie de Lyme, l’anaplasmose est probablement sous-diagnostiquée, ce qui signifie que beaucoup de cas passent inaperçus. Le nombre réel de personnes touchées pourrait donc être bien plus élevé que ce que montrent les chiffres officiels.
Symptômes
L’anaplasmose peut se transmettre rapidement après une piqûre de tique, parfois en moins de 24 heures.
Les premiers signes apparaissent en général entre 5 et 21 jours après la morsure, qui est souvent indolore et passe inaperçue.
Les symptômes les plus fréquents sont :
• Fièvre soudaine
• Frissons
• Grande fatigue
• Maux de tête
• Douleurs musculaires et articulaires
• Malaise général
D’autres symptômes possibles peuvent inclure :
• Raideur à la nuque
• Nausées
• Toux
• Anémie
Dans de rares cas, surtout chez les personnes âgées, immunosupprimées ou en cas de diagnostic tardif, l’anaplasmose peut causer des complications graves comme une infection généralisée (septicémie), des problèmes respiratoires, des atteintes cardiaques ou neurologiques, voire une insuffisance rénale.
Diagnostic
Le diagnostic repose généralement sur les symptômes et le contexte d’exposition (morsure de tique, activités en nature, etc.).
Les tests disponibles (comme le test PCR ou les analyses d’anticorps) peuvent aider à confirmer l’infection, mais certains peuvent prendre plusieurs jours avant d’obtenir un résultat. C’est pourquoi il est recommandé de commencer le traitement dès qu’une anaplasmose est suspectée, surtout si la personne présente de la fièvre après une exposition possible à une tique.
Traitement
L’anaplasmose se traite efficacement avec des antibiotiques, généralement de la doxycycline. Ce traitement est recommandé pour les adultes et les enfants, et les symptômes s’améliorent souvent rapidement
En cas d’allergie, d’intolérance ou de grossesse, d’autres options peuvent être envisagées, selon l’avis du médecin.
⚠️ Le traitement doit être initié rapidement, dès que l’anaplasmose est suspectée, sans attendre les résultats des tests. Cela permet d’éviter des complications, surtout chez les personnes plus vulnérables.
La Babésiose
La babésiose est une infection causée par un parasite qui s’attaque aux globules rouges, un peu comme le paludisme.
Elle est transmise principalement par la piqûre de la tique Ixodes scapularis, la même tique que celle responsable de la maladie de Lyme.
Depuis 2004, la babésiose est à déclaration obligatoire au Québec.
Pendant plusieurs Comme pour plusieurs co-infections transmises par les tiques, on pense que cette infection est largement sous-diagnostiquée, notamment parce que ses symptômes sont souvent flous ou confondus avec d’autres maladies, et que les tests ne sont pas toujours faits en clinique.
Symptômes
Les symptômes de la babésiose apparaissent généralement entre 1 et 4 semaines après la piqûre, mais cela peut parfois prendre jusqu’à 9 semaines.
Certaines personnes peuvent être asymptomatiques, surtout si elles sont en bonne santé, mais la maladie peut être grave chez les personnes plus vulnérables (personnes âgées, immunodéprimées, ou sans rate).
Symptômes fréquents :
• Fièvre, frissons, sueurs
• Fatigue, faiblesse
• Maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires
• Nausées, perte d’appétit
• Toux sèche, maux de gorge
• Sensibilité à la lumière (photophobie)
• Perte de poids, sautes d’humeur, symptômes dépressifs
Symptômes possibles en cas d’infection plus sévère :
• Jaunissement de la peau ou des yeux (ictère)
• Urines foncées
• Essoufflement, baisse de pression
• Atteinte au foie, aux reins ou à la rate
• Troubles de la coagulation ou neurologiques
• Dans les cas extrêmes : risque de défaillance d’organes multiples
Diagnostic
Le diagnostic peut être difficile, car les symptômes ressemblent à ceux d’autres infections. On le soupçonne surtout chez des personnes ayant eu une piqûre de tique, un voyage en région à risque, ou ayant reçu une transfusion sanguine récente (la babésiose peut aussi se transmettre ainsi).
Le test principal consiste à examiner un frottis sanguin au microscope. Des analyses plus poussées (comme un test PCR) peuvent être faites si les résultats ne sont pas clairs.
Traitement
La babésiose peut être prise en charge avec un traitement approprié, mais celui-ci est différent de celui utilisé pour la maladie de Lyme, car il s’agit d’un parasite et non d’une bactérie.
Dans la majorité des cas, des médicaments antiparasitaires sont prescrits. Le choix du traitement dépendra de plusieurs facteurs, comme la gravité des symptômes, l’état de santé général et la présence de conditions sous-jacentes (par exemple : système immunitaire affaibli).
Dans les formes plus graves ou chez les personnes plus vulnérables, une hospitalisation peut être nécessaire pour un suivi plus étroit.
Le virus de Powassan
Le virus de Powassan est un virus transmis par certaines tiques, dont la tique à pattes noires (Ixodes scapularis), présente au Québec.
Bien que cette infection reste rare, elle peut parfois provoquer une maladie grave du système nerveux, comme une encéphalite (inflammation du cerveau).
Découvert en Ontario en 1958, ce virus circule aujourd’hui dans certaines régions du Canada. Depuis 2020, des tiques porteuses du virus ont été identifiées au Québec, et en 2023, un premier cas d’encéphalite attribuée au virus de Powassan acquis localement a été signalé.
Symptômes
La plupart des personnes infectées ne présentent aucun symptôme, ou seulement des symptômes grippaux légers. Si des symptômes apparaissent, c’est généralement entre 1 et 5 semaines après la morsure.
Symptômes possibles :
- Fièvre
- Frissons
- Fatigue
- Maux de tête
- Vomissements
- Faiblesse générale
Dans certains cas, l’infection peut progresser vers une forme plus sévère, affectant le cerveau ou les méninges. Cela peut entraîner :
- Confusion, perte de coordination
- Difficulté à parler
- Convulsions
- Paralysie
- Coma (dans les cas les plus critiques)
Parmi les personnes ayant développé une encéphalite :
- Environ 10 % en sont décédées
- Environ la moitié ont gardé des séquelles neurologiques permanentes, comme des troubles de mémoire, une faiblesse musculaire ou des paralysies partielles.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur l’évaluation des symptômes et le contexte d’exposition (ex. : piqûre de tique, séjour dans une zone à risque). Si une infection au virus de Powassan est soupçonnée, des analyses peuvent être faites sur un échantillon de sang ou de liquide céphalorachidien pour rechercher les anticorps ou le matériel génétique du virus.
Traitement
Il n’existe pas de traitement ni de vaccin contre le virus de Powassan.
Si les symptômes sont légers, le repos, l’hydratation et des médicaments pour soulager la fièvre ou les maux de tête peuvent suffire.
Dans les cas plus graves, une hospitalisation peut être nécessaire pour surveiller la personne et soutenir ses fonctions vitales (comme la respiration).
Le corps doit combattre le virus par lui-même, avec l’aide de soins de soutien si besoin.
La fièvre récurrente à tique
La fièvre récurrente à tique est une infection causée par une bactérie du genre Borrelia. Elle est transmise par la piqûre de certaines tiques, dont la tique à pattes noires (Ixodes scapularis), présente au Québec.
Depuis quelques années, une espèce appelée Borrelia miyamotoi est considérée comme émergente au Canada, notamment dans des régions comme l’Estrie, les Laurentides ou la Montérégie.
Comme plusieurs autres maladies transmises par les tiques, elle est probablement sous-diagnostiquée.
Symptômes
Les symptômes débutent souvent de façon soudaine, avec :
- Forte fièvre
- Frissons
- Maux de tête
- Douleurs musculaires ou articulaires
- Fatigue
- Parfois : vomissements, yeux rouges, éruption cutanée, délire
Une caractéristique particulière de cette maladie est qu’elle peut provoquer plusieurs épisodes de fièvre qui reviennent en cycles, espacés de quelques jours. Ces rechutes peuvent se répéter jusqu’à 30 fois si l’infection n’est pas traitée.
Dans certains cas, des complications peuvent survenir, comme :
- Jaunissement de la peau (ictère)
- Troubles neurologiques (méningite, confusion)
- Problèmes au cœur, au foie ou à la rate
Ces formes graves touchent surtout les personnes vulnérables : enfants en bas âge, aînés, femmes enceintes ou personnes immunodéprimées.
Diagnostic
Le diagnostic de la fièvre récurrente à Borrelia miyamotoi repose sur une évaluation intégrée des facteurs de risque d’exposition, du tableau clinique (fièvre accompagnée d’au moins un des symptômes suivants : frissons, céphalées, douleurs musculaires ou articulaires, fatigue) et des résultats d’analyses de laboratoire.
Traitement
Bien qu’aucun traitement officiel n’ait encore été validé par des essais cliniques, cette infection répond généralement bien aux antibiotiques utilisés pour la maladie de Lyme.
La Bartonellose
La bartonellose est une infection causée par une bactérie du genre Bartonella. Même si elle n’est pas transmise par les tiques, elle peut provoquer des symptômes qui ressemblent à ceux de la maladie de Lyme ou d’autres co-infections. C’est pourquoi nous avons choisi de l’inclure dans cette fiche d’information.
Il existe deux formes principales de bartonellose :
- La maladie des griffes du chat, causée par Bartonella henselae
- La fièvre des tranchées, causée par Bartonella quintana
Certaines formes peuvent devenir opportunistes, ce qui signifie qu’elles touchent surtout les personnes dont le système immunitaire est affaibli (par une maladie, un traitement ou des conditions de vie difficiles).
Bartonella henselae — La maladie des griffes du chat
• Transmise par une griffure ou morsure de chat, surtout chez les chatons.
• Parfois transmise par des puces de chat, même sans contact direct avec un chat.
Symptômes :
• Petite plaie à l’endroit de la griffure
• Ganglions enflés
• Fièvre légère
Dans de rares cas, elle peut toucher des organes (yeux, foie, cœur, cerveau), surtout chez les personnes immunodéprimées.
Bartonella quintana — La fièvre des tranchées
• Transmise par les poux de corps
• Surtout observée chez des personnes en situation d’itinérance ou vivant dans des conditions de grande précarité
Symptômes :
- Fièvre (souvent qui revient par cycles
- Douleurs aux jambes ou au dos
- Fatigue, maux de tête
- Dans les cas graves : atteinte au foie, à la rate, au cœur ou au cerveau
À retenir
- La bartonellose peut passer inaperçue ou être confondue avec d’autres maladies, notamment la maladie de Lyme.
- Elle est probablement peu reconnue et sous-diagnostiquée.
- Elle mérite d’être prise en considération, surtout lorsque les symptômes persistent sans cause évidente.
