Un mot sur le traitement de la maladie de Lyme
* Avertissement: Les informations fournies sur le site de l’AQML sont diffusées à titre informatif uniquement et ne doivent en aucun cas être interprétées comme des conseils médicaux, un diagnostic ou un plan de traitement. Elles ne remplacent pas une consultation médicale auprès d’un professionnel de la santé qualifié. L’AQML présente diverses options thérapeutiques dans le but de favoriser une discussion éclairée avec votre médecin, qui demeure la seule personne habilitée à déterminer le traitement approprié en fonction de votre condition médicale particulière.
Le traitement de la maladie de Lyme est complexe, et le prise en charge varie d’un patient à l’autre. Celle-ci se traite avec des antibiotiques et la conduite thérapeutique (choix de l’antibiotique, posologie, durée du traitement) dépend de plusieurs facteurs dont l’âge de la personne atteinte, le stade de la maladie, la présence de co-infections, les atteintes présentes, ainsi que son état de santé.
L’efficacité du traitement s’évalue cliniquement. Les tests sérologiques ne sont pas indiqués pour le suivi puisque les anticorps peuvent demeurer en circulation pendant plusieurs semaines.
De manière générale, plus la prise en charge est rapide après l’infection, meilleures sont les chances de guérison. Les études montrent en effet que les antibiotiques sont plus efficaces lorsqu’ils sont utilisés aux premiers stades de l’infection (Torbahn et al., 2018 ; Yang et al., 2021 ; Zhang et al., 2023).
Les recommandations de l’INESSS
Selon les recommandations de l’INESSS, En cas d’apparition d’atteintes neurologiques ou articulaires en cours de traitement, un ajustement thérapeutique pourrait être envisagé, incluant un changement d’antibiotique, une prolongation de la durée ou le recours à une antibiothérapie intraveineuse selon la gravité du tableau clinique.
Voici plus en détail les recommandations de l’INESSS:
Les recommandations de l’ILADS
Dans tous les cas de morsure de tique avec ou sans rougeur ou érythème migrant, l’AQML partage les recommandations de l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society) à savoir que vous avez 3 possibilités:

Si l’infection persiste au-delà du traitement et que le patient développe des symptômes arthritiques, neurologiques ou cardiaques associés à la maladie de Lyme, l’administration d’un antibiotique par voie intraveineuse sera souvent recommandée pour éviter une infection persistante, il est recommandé d’agir le plus rapidement possible.
À l’heure actuelle, les recommandations de l’ILADS se résument comme suit:
Prophylaxie:
Traitement de l’érythème migrant (EM):
Symptômes persistants ou récurrents après traitement:
Pour consulter en détails les recommandations de ILADS : https://www.ilads.org/patient-care/ilads-treatment-guidelines
L’AQML appuie les positions de l’ILADS, car elles reconnaissent l’importance du jugement clinique dans un contexte où la maladie de Lyme se manifeste de manière très variable d’un patient à l’autre. La diversité des symptômes, la complexité des tableaux cliniques et l’absence de consensus scientifique sur certains aspects de la maladie rendent essentielle une approche individualisée, centrée sur la personne.
L’approche de ILADS rejoint notre vision des soins : offrir aux personnes atteintes de la maladie de Lyme des traitements adaptés à leur réalité, en tenant compte de leur vécu, de leurs besoins et de leurs priorités. Ce positionnement repose non seulement sur les recommandations scientifiques, mais aussi sur les expériences concrètes vécues par les membres de notre association et les nombreux patients qui nous contactent chaque année.
Traitement des symptômes persistants
Bien que la plupart des patients soient traités avec succès grâce à une antibiothérapie rapide, il est largement connu qu’un nombre important de patients ne sont pas pris en charge à temps ou connaissent un échec aux traitements, ces deux facteurs les menant à souffrir de symptômes invalidants et ce de manière chronique.
À ce jour, aucun traitement universellement reconnu et prouvé n’existe pour soulager la maladie de Lyme avec symptômes persistants. Par contre, certaines avenues thérapeutiques ont été évaluées et sont essayées par certains patients dont:
* L’antibiothérapie prolongée ou combinée peut entraîner certains risques, notamment des effets secondaires et des complications liées à une utilisation prolongée.C’est pourquoi l’AQML recommande une évaluation individualisée du rapport risques-bénéfices avant d’envisager ce type de traitement. Cette évaluation doit tenir compte de plusieurs facteurs : la gravité des symptômes, la réponse aux traitements antérieurs, la tolérance aux effets secondaires, l’état de santé global du patient ainsi que ses préférences personnelles. Une telle approche personnalisée permet de déterminer si les bénéfices potentiels justifient les risques associés à une prise en charge thérapeutique plus intensive.
Traitements à base de teintures d’herbes : Plusieurs personnes atteint de symptômes persistants de la maladie de Lyme se tournent également vers la naturopathie pour des traitements à base d’herbes. Des études en laboratoire notamment celles de la Johns Hopkins[18], ont montré que des plantes comme la cryptolepis et la renouée du japon possèdent une activité contre la bactérie Borrelia burgdorferi. Toutefois, il est important de souligner que les données chez l’humain (in vivo) et les essais cliniques rigoureux sont encore limités.
L’AQML souligne l’importance d’une prise en charge globale, personnalisée et pluridisciplinaire pour les personnes atteintes d’un syndrome post-traitement de la maladie de Lyme (PTLDS). En raison de la grande variabilité des symptômes et de leur intensité d’un patient à l’autre, il est essentiel d’adopter une approche centrée sur la personne, qui tienne compte non seulement des aspects cliniques et biologiques, mais aussi des dimensions psychologiques, environnementales et sociales. L’objectif est de minimiser les symptômes et d’améliorer la qualité de vie au quotidien. Cette approche peut inclure, entre autres, la gestion de la douleur chronique et de la fatigue, la psychothérapie, l’ergothérapie, le soutien nutritionnel, ainsi que la prise en charge des comorbidités fréquemment observées, telles que la dysautonomie, le syndrome d’activation mastocytaire et les troubles digestifs. Un tel accompagnement, adapté à la réalité de chaque patient, permet de mieux répondre à la complexité de cette maladie persistante.
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