3
Mar
2025
France : Nouvelles recommandations de la HAS sur la maladie de Lyme : des patients toujours en attente de solutions

Le 18 février 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS), en France, a publié de nouvelles recommandations concernant la borréliose de Lyme et les autres maladies vectorielles à tiques. Ces directives ont pour objectif d’harmoniser les pratiques cliniques et d’assister les professionnels de santé dans leurs démarches diagnostiques et thérapeutiques. Elles reconnaissent notamment qu’une proportion de patients peut développer des symptômes persistants après un traitement standard, désignés sous le terme de « syndrome post-borréliose de Lyme traitée » (PTLDS) (HAS, 2025).
La HAS considère ces formes comme un syndrome post-infectieux, dont les mécanismes exacts restent encore mal compris. Cette position suscite des débats au sein de la communauté scientifique et médicale.
Un manque de consensus scientifique
Malgré diverses hypothèses, aucun consensus clair n’a encore été établi sur la cause exacte des symptômes persistants. Ce manque d’accord entraîne des approches divergentes dans la prise en charge des patients : certains médecins privilégient une approche symptomatique (anti-inflammatoires, rééducation, soutien psychologique), tandis que d’autres défendent l’idée de traitements prolongés par antibiotiques. Les associations de patients dénoncent cette situation et réclament davantage de recherches pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et améliorer la prise en charge des formes persistantes de la maladie de Lyme (Le Quotidien du Médecin, 2025).
Réactions des associations de patients
L’association France Lyme a exprimé de vives critiques à l’égard de ces nouvelles recommandations. Leurs principales objections sont les suivantes :
-
Absence de solutions thérapeutiques pour les formes persistantes : Bien que la HAS reconnaisse l’existence du PTLDS, elle ne propose pas de protocoles thérapeutiques spécifiques pour ces formes persistantes, laissant ainsi de nombreux patients sans prise en charge adaptée.
-
Manque de concertation avec les représentants des patients : Les associations déplorent un processus de concertation marqué par une défiance et une indifférence envers les représentants des patients, dont les contributions auraient été systématiquement ignorées.
-
Insuffisance de la recherche dédiée : La HAS souligne le manque de recherches sur le PTLDS pour justifier l’absence de nouvelles recommandations thérapeutiques. Cependant, les associations pointent du doigt l’Inserm, qui aurait détourné des financements initialement prévus pour la recherche sur la maladie de Lyme, aggravant ainsi le déficit de connaissances sur le sujet (France Lyme, 2025).
Ces divergences mettent en lumière la nécessité d’approfondir les recherches sur la maladie de Lyme avec symptômes persistants (selon la terminologie de l’AQML) afin de mieux comprendre ses mécanismes et d’améliorer la prise en charge des patients concernés.